Les plus grands laboratoires
pharmaceutiques, depuis plusieurs années, ont opté pour le marché de Mexico pour tester de nouvelles versions de leurs produits traitant des
problèmes d’impuissance. Pfizer y a lancé l’année dernière une version « chewing-gum » de son Viagra, tandis qu’Eli Lilly y a débuté ses tests avec le Cialis - Une fois par jour début
2011.
Pourquoi Mexico ?
« Le marché est énorme » explique ainsi Alejando Triulzi Garciadiego, manager chez Lilly ICOS, en charge de vendre le Cialis à Mexico. Alors que la capitale mexicaine constitue déjà un marché majeur pour le Cialis, le Viagra ou le Levitra, son potentiel n’apparaît qu’à peine entamé.
La dysfonction érectile touche environ 6 millions d’hommes à Mexico, mais seulement 15 % suivent un traitement pour y palier, selon une récente étude d’Eli Lilly, laboratoire à l’origine du Cialis.
De plus, toujours selon cette même étude, le sexe se trouve être plus important pour les Mexicains, en moyenne, que pour les habitants du reste du monde. Ainsi, 56 % des Mexicains de plus de 33 ans ont en moyenne 2,03 rapports sexuels par semaine. Le pays se classe deuxième, juste après le Portugal, où la fréquence est de 2,05 par semaine. La moyenne mondiale ne s’élève quant à elle qu’à 1,5...
L’étude, décidément riche d’enseignements, nous apprend également qu’un Mexicain doit affronter une pression supplémentaire : 9 sur 10 préfèrent en effet le sexe « spontané ». Une habitude qui les différencient des Américains, des Canadiens ou des Sud-Coréens, par exemple, des habitants de pays où les rencontres sexuelles sont à la fois moins fréquentes et plus souvent planifiées.
Quels obstacles pour le Cialis et ses concurrents ?
Le principal obstacle à l’exploitation du marché mexicain - et plus particulièrement à celui de Mexico - réside dans un tabou encore très présent dans les mentalités : discuter ouvertement d’impuissance devant un médecin est très compliqué.
Triulzi Garciadiego explique qu’Eli Lilly a choisi de concentrer ses efforts marketing dans un but précis : encourager les hommes à consulter. Le laboratoire dépense ainsi, chaque année, 3 millions de $ en publicité télé dans la seule ville de Mexico. Le but ? Abolir ce tabou. En 2010, un spot montrait ainsi un senior heureux de pouvoir jouer au séducteur, avec les mots « Parlez à votre docteur. Il nous connaît. » en apparence sur l’écran. Le spot de 2011 montrait pour sa part un homme décidé à « ne plus se trouver d’excuses » et un chiffre, 95 %, qui correspondait à la part des cas de dysfonction érectiles pouvant être traités. Les campagnes comme celles-ci - visibles depuis que le laboratoire a lancé Cialis en 2003 - a en partie changé les mentalités explique Triulzi Gariadiego.
Cialis capte 50 % des 200 millions de $ que représentent le marché de l’impuissance à Mexico, le produit a d’ailleurs dépassé son concurrent historique, le Viagra, en 2006 (Viagra et Levitra se partageant les restes laissés par Cialis). La part de marché du produit miracle d’Eli Lilly voit de plus sa part de marché augmenter de 15 % par an, boostée par les début de la version quotidienne : Cialis - Une fois par jour.
